La télévision doit satisfaire un principe de crédibilité vis à vis du téléspectateur moyen, c'est à dire avoir ses distances avec le pouvoir en place et dire la vérité. C'est là le rôle du journaliste qui, si on s'en tient à la charte des devoirs des journalistes français adoptée en 1918 par le Syndicat national des journalistes "ne touche pas d'argent dans un service public ou une entreprise privée ou sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d'être utilisées".
Et surtout, le principe qui était érigé comme le symbole du journalisme, tombé aux oubliettes depuis quelques décénnies:" Un journaliste digne de ce nom tient la calomnie, les accusations sans preuve, l'altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionelles".
Une autre charte, la charte de Munich signée les 24 et 25 novembre 1971 a été signée par la plupart des syndicats de journalistes d'europe.Cette charte insiste sur la mission d'éducation du citoyen et nous rappelle les principes qui devraient etre érigées en maxime qui préside aux actions de nos chers journalistes:
"Les devoirs essentiels du journaliste dans la recherche, la rédaction et le commentaire des évènements sont de respecter la vérité quelles qu'en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a à connaitre la vérité.
Le journaliste doit défendre la liberté de l'information, du commentaire et de la critique.
Il ne doit jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste; n'accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs, refuser toute pression et n'accepter de directive rédactionelle que des responsables de la rédaction."
Dans un sondage de Télérama qui date de 2001, un sondage montre que 59% des francais ne croient pas que les journalistes soient indépendants aux pressions des partis et du pouvoir. Mais surtout, 69% des francais estiment que le fait que les chaines de télé appartiennent à de grands groupes commerciaux empêche les journalistes de ces médias d'enquêter sur certains sujets embarassants pour les propriétaires de la chaîne ou du journal.
La télévision a donc un contrat d'information à honorer envers le téléspectateur citoyen. Ce contrat d'information a recours a différentes stratégies: la crédibilité, l'effet d'authenticité et l'effet de vérité.
La crédibilité, c'est tout qui fait sérieux: les jolies cartes, les graphiques, les merveilleux schémas.... mais c'est aussi les expert, ceux dont la parole est vérité puisqu'ils sont les spécialistes dans leur domaine.
L'effet d'authenticité passe par le procédé d'authentification.On accumule les détails, la précision (lieux, heures, chiffres), on prend des témoignages plus ou moins bons qu'on coupe au montage pour faire dire ce qui va dans le sens du propos.
Le meilleur exemple, c'est le film de Pierre Carles "Pas vu pas pris" ou l'on voit qu'un journaliste de canal+ n'a retenu de l'interview que ce qui allait dans le sens de son propos alors que tout le reste du discours de Pierre Carles allait dans un sens totalement différent
Car le montage peut des fois permettre de modifier, de remodeler les propos des gens.
Les défauts, les ratés,les "aléas du direct" comme on le dit renforcent l'authenticité.On essaye de rendre l'image transparente, comme une duplication du réel.On essaye de faire vrai, ce qui de fait prouve qu'on ne montre pas le vrai.
L'effet de vérité s 'incarne bien avec l'image du présentateur du jt qui clot le reportage en ré-assénant l'idée principale. Il faut penser ça cher compatriotes......
Le contrat d'information de la télévision représenté par les journalistes s'adresse au citoyen sensé s'interessé à la vie politique et sociale de son pays. Mais ce qu'on lui montre, ça n'est pas de la politique, ça n'est pas de l'information, au mieux pourrait on parler d'ersatz.
L'information s'est spectacularisée en même temps que l'esprit critique des journalistes finissait de s'estomper.
Aujourd'hui, un journaliste carriériste fait ce qu'on lui dit, et si il est gentil, il pourra accéder à la consécration du journaliste télé: le privilège époustouflant de pouvoir poser des questions convenues faites pour servir la politique de communication de nôtre cher et aimé président. Les critiques ne sont pas les bienvenues, le débat n'a pas lieu: les journalistes sont des faire valoir des dires du président qui peut proférer la bonne parole sans craindre une seule seconde une question embarassante.
L'information est devenue spectacle informationnel, infotainment en anglais: on met en scène l'information pour qu'elle touche la sensibilité du téléspectateur, l'affect. Concrètement, ça s'opère dans le choix des thèmes , plus spectaculaires et il est tout à fait vrai moins prosaïques que des sujets sur de vrais idées qui alimentent la démocratie.
Les faits divers surtout, souvent complètement minoritaires mais spectaculaires (fusillades, prise d'otage d'une classe d'enfants....)sont grossis et pointés du doigt par la télé pendant que des abérations humaines qui se passent à coté de chez nous ne seront jamais vues.
Et ça n'est même pas parce que les journalistes ne le veulent pas mais parce qu'on perd un temps d'antenne fou à s'étaler sur des chose qui on peu d'intéret pour le citoyen alerte et curieux qui avec le superbe travail du gouvernement depuis quelques décénnies ne réprésente plus qu' une très maigre partie de la population.
Les accidents, les catastrophes aussi sont très prisés, ils permettent à nos gentils français de se dire qu'ils n'ont pas trop à se plaindre.
Comme de nos jours il est intolérable de faire des efforts et comme l'esprit citoyen est une chose à construire, la mission d'éducation citoyenne de l'information télévisuelle s'est substituée à une logique de spectacle qui met le spectateur en attente plutot qu'en réception.Comme en publicité on donne au client envie d'acheter le produit , on donne envie aux gens de redemander cette vision déformée de la réalité qu'est le journalisme d'aujourd'hui.
(la suite dans une semaine...)
Commentaires